Résidence classique, Caroline Ariane Bergeron

15.02.—
28.02.2021

Ateliers

206, rue Christophe-Colomb Est
Québec (Québec) G1K 3S7
Canada

Directions

Heures d’ouverture

Lun-Ven
10 h à 16 h
Sam-Dim
Fermé

Le projet « Textilis » s’inscrit dans un corpus d’œuvres imprimées inspirées de l’étymologie commune des mots texte et textile, du latin textilis : tissé. La lettre i majuscule est dactylographiée à répétition et forme des motifs évoquant les fils de chaîne et de trame d’un tissage. I, qui signifie aussi je, moi, en anglais, ramène à soi et au geste individuel au centre de l’acte de création. Cette recherche vise à créer un rapprochement entre des travaux manuels anciens traditionnellement exécutés par des femmes, soit le tissage et la dactylographie. Cette série d’œuvres crée un lien significatif entre le travail des fibres, l’art imprimé et l’objet, trois approches centrales à la pratique de Caroline Ariane Bergeron. Dans le cadre de sa résidence à Engramme, elle réalisera une recherche en sérigraphie sur papier reprenant les mêmes thèmes du texte et du textile. Le choix du médium de la sérigraphie, plutôt que celui de la dactylographie, lui permettra d’explorer la production de motifs “textiles” en dehors des contraintes de format et de police de caractère de la machine à écrire. Ces expérimentations se feront sur des impressions de petit et moyen formats, qui pourront par la suite être colligés et reliés en un livre d’artistes.


Entretien post-résidence avec l'artiste

L'entrevue réalisée par Engramme invite l'artiste à revenir sur sa résidence dans nos ateliers.

EN : Ta résidence à Engramme est désormais terminée, as-tu eu le temps de finir ton projet? Sinon, comment vas-tu procéder pour continuer?

CAB : Ma résidence s'est passée tellement vite! De manière générale, j’ai un rythme de travail assez lent et je n’aime pas brusquer les choses. Les deux semaines m’ont donc paru bien courtes! Étant un oiseau de nuit, et devant composer avec le couvre-feu, j’ai dû freiner mes ardeurs et quitter l’atelier à une heure raisonnable tous les soirs. Même si je n’ai pas pu finaliser mon projet, j’ai pu m’y consacrer complètement, et je suis très heureuse du travail effectué. Je dirais même que mon idée de base a évolué et qu’un deuxième projet s’est greffé au premier. Pour la suite des choses, je suis membre de l’Atelier Circulaire à Montréal, où je pourrai poursuivre et mener à terme la production entamée à Engramme.

EN : Ton travail est relié au textile? Pourquoi? Travailles-tu toi-même les fibres?

CAB : Le textile et les métiers d’arts en général ont une présence marquée dans ma démarche. Je travaille les fibres à l’occasion, notamment sous la forme de tressage de panier ou de fabrication de papier à partir de fibres textiles.

J’aborde le textile tantôt comme une technique, une matière ou un thème. Dans le cas de mon projet à Engramme, c’est l’étymologie commune des mots “texte” et “textile” qui m’a servi de point de départ. Je propose un rapprochement entre ces deux concepts en créant des motifs répétitifs à partir de textes. Je cherche aussi à mettre en valeur les gestes de production à la main d’ouvrages textiles, en imprimant des instructions de confection de dentelles aux fuseaux dans une forme visuelle évoquant la poésie ou une œuvre musicale.

EN : Le thème de ce projet est le textile, pourtant tu imprimes sur du papier et non du textile, pourquoi ce support?

CAB : Je souhaite ainsi renforcer le lien qui unit le textile et le texte. Je me suis aussi directement inspirée de patrons de dentelles et de partitions pour piano mécanique, qui sont deux supports imprimés sur papier.

EN : Où as-tu appris la sérigraphie?

CAB : J’ai suivi un cours d’introduction à la sérigraphie à Concordia en 2012. C’était l’année de la fameuse grève étudiante, et ma dernière année au BAC, alors disons que j’ai passé plus de temps dans les manifestations que dans les ateliers de l’université! On peut dire que j’avais survolé la technique. Quelques années plus tard, je suis devenue membre de l’Atelier Circulaire où j’ai pu redécouvrir et approfondir mes connaissances techniques. Je ne me spécialise toutefois pas en sérigraphie, en réalité je touche un peu à toutes les techniques d’impression.

EN : Es-tu membre d’un centre d’artistes?

CAB : En plus de l’Atelier Circulaire, dont je suis membre depuis 2016 et où je m’implique au conseil d’administration, je suis aussi membre d’Arprim et de Circa art actuel.

EN : Engramme lancera prochainement un appel de dossiers pour les expositions de la prochaine programmation, penses-tu soumettre un projet?

CAB : Avec plaisir!

EN : Toute l’équipe d’Engramme souhaite te remercier pour ton agréable présence et pour les belles réalisations que tu nous feras parvenir sous peu.

CAB : Merci! Je suis vraiment reconnaissante que la résidence n’ait pas été annulée et qu’Engramme ait su s’adapter au contexte sanitaire pour m’offrir un lieu de travail accueillant et sécuritaire.

Caroline Ariane Bergeron est une artiste en arts visuels montréalaise. Ses œuvres allient des techniques traditionnelles des métiers d’art telles la construction textile, la reliure et la céramique, et sont teintées d’un souci du travail manuel appliqué et bien exécuté. À travers la sculpture, l’installation, l’art imprimé et le livre d’artistes, elle élabore un corpus d’œuvres portant sur le langage, la matière et l’intimité. Elle préconise des méthodes de travail lentes, les technologies analogiques et une élaboration consciencieuse, à l’opposé d’un rythme accéléré.

Depuis la fin de ses études de premier cycle à Concordia en 2013, elle a suivi de nombreuses formations spécialisées en arts appliqués, plus particulièrement en arts imprimés et en céramique. Ses œuvres ont fait l’objet de plusieurs expositions solo et collectives principalement au Québec. Au cours de l’année 2021, elle sera en résidence aux centres d’artistes Zocalo (Longueuil), Open Studio (Toronto) et Prima Ink (Tromsø, Norvège), dans le cadre d’un échange avec L’Imprimerie centre d’artistes. Son travail sera également présenté à l’Atelier Presse Papier (Trois- Rivières) à l’automne 2021 à l’occasion de l’exposition de groupe « La Fabrique du livre d’artistes », commissariée par Andrée-Anne Dupuis-Bourret et Jocelyne Thibault.

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